Ma contribution au debat sur la filière tomate. C’est long oui mais lisez pour mieux comprendre la situation et en parler. Filière tomate au Cameroun ! Au-delà de l’émotion comprendre les enjeux. Il était une fois la SCAN

Ma contribution au debat sur la filière tomate. C’est long oui mais lisez pour mieux comprendre la situation et en parler.

Filière tomate au Cameroun ! Au-delà de l’émotion comprendre les enjeux. Il était une fois la SCAN

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Le cageot de tomate coûte actuellement moins de 2000 Francs Cfa, dans quelques villes du Cameroun, à savoir Yaoundé et Douala. Une vraie catastrophe. Si cela fait l’affaire des ménages, chez les producteurs c’est la mort assurée. L’année dernière pratiquement à la même période, un producteur s’est endetté à hauteur de plusieurs millions de Franc Cfa, il n’a pu écouler sa production de tomate. Il s’est donné par la suite la mort. C’était, dans le département du Noun, région de l’ouest.
Avec les scènes que nous vivons actuellement dans les quartiers, tenez vous tranquilles, de nombreuses vies, des rêves seront détruits. Car il faut le savoir, pour produire un hectare de tomates, il faut prévoir au moins 3 millions de Francs cfa. Donc avec ce que nous vivons actuellement, les producteurs feront des pertes importantes, et certains ne s’en remettront jamais. Parmi les solutions évoquées, la transformation. Justement parlons-en.Dans mes recherches je suis tombé sur un document qui m’a scandalisé !
Avez-vous déjà entendu parler de la SCAN ? Au début des années 2000, la société de conserverie alimentaire du Noun (Scan) fermait définitivement ses portes après 6 ans d’activités. L’objectif de cette entreprise était la transformation de la tomate fraiche. Elle était basée à Foumbot, ville du département du Noun importante bassin de production la tomate au Cameroun. Cette entreprise avait ramené le prix de la boite de tomate concentrée de 100 à 75f Fcfa.
D’après nos recherches, la SCAN qui était détenue à 49% par la SNI et par 300 actionnaires dont la plupart originaires du Noun a fermé ses portes tout simplement parce qu’elle ne parvenait pas à trouver suffisamment de tomates à transformer. Ah oui aussi simple que cela. Cette société avait été créée pour transformer environ 136000 tonnes de tomates fraiches chaque année afin de produire 7000 tonnes de concentrés soit 25 millions de boites de concentrés. Chaque jour, elle devait transformer 360 tonnes. L’entreprise n’a pu fonctionner à sa capacité réelle que pendant 100 jours. Pendant les six années de vie de cette entreprise, elle n’a jamais pu atteindre ses objectifs. C’est ainsi que la Société nationale d’investissement (SNI) actionnaire majoritaire après y avoir investie plus de 7 milliards de Francs Cfa à fini par tout arrêter. Voila pour l’histoire.
Si l’on s’arrête sur ces premiers éléments, l’on va crier au scandale. Ya t-il pas eu au préalable des études de terrain ? Effectivement pour ce type de projet on en fait toujours. En fait dans ces études, il avait été démontré que la région du Noun produisait plus de 38000 tonnes de tomates fraiches chaque année. Dans les faits, l’on se rendra compte que les variétés cultivées n’étaient pas propice à la transformation, car contenant trop d’eau. L’entreprise a pensé y remédier en fournissant la semence améliorée aux producteurs, mais ces derniers ont préféré vendre leur récolte aux gabonais qui achetaient le kilogramme de tomate à 50 Fcfa contre 26 Fcfa à la Scan. Outre ces différentes raisons, différents éléments consultés font état d’une mauvaise gestion et de nombreuses malversations financières.
Que faut-il conclure ? Des différents éléments consultés l’on constate la légèreté avec laquelle les études pour la mise en place de la SCAN ont été menées. Les différentes malversations financières et autres surfacturations sont des maux qui minent la quasi-totalité des entreprises publiques au Cameroun.
Que faut-il faire pour relancer la SCAN ? : d’ abord il faut constituer des capitaux privés pour relancer les activités. Ce capital peut être constitué auprès des Gic et autres organisations professionnelles qui interviennent dans la filière tomate au Cameroun ou ailleurs.
Ensuite, Il faut développer la recherche et vulgariser les nouvelles variétés de tomates, plus résistantes aux maladies et de meilleurs rendements. Le ministère de l’agriculture doit renforcer la formation des producteurs et mieux organiser la filière.
Enfin, la SCAN doit disposer de vastes espaces de cultures de la tomate, afin de pouvoir palier à toute pénurie sur le marché.

La mise sur pied, d’un tel projet garantirait au moins 500 emplois directs et entraînerait la baisse du concentré de tomate, d’au moins de 25%. Voila des pistes pour faire du made in cameroon une réalité et non un slogan.
Alain Georges journaliste/Entrepreneur social

Voici quelques personnalités qui ont été associées à la gestion de la défunte SCAN

Administrateur pour le compte de la SNI en 1990 : Camille MOUTE à BIDIAS
DG en 1992 : MM Lafaye et Van Esten du groupe français Loma
Pca en 1990 : Moise MOUICHE
Pca en 1992 : Urbain OLANGUENA
DG : YAO AISSATOU
NGAN YON SIMON : Initiateur du projet de la SCAN

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